C'est le Comte Alexandre du Moncel qui entreprit la transformation du Jardin à la française en Parc à
l'anglaise.
Il fit planter des bouquets d'arbres artistiquement disposés, tracer des pelouses et de
grandes allées sinueuses, mais il conserva les grandes allées rectilignes qui délimitaient les bois.
Il améliora le système hydraulique du domaine en remblayant d'anciens étangs à proximité du Château et
en en créant d'autres plus loin pour alimenter les moulins.
Son successeur, le Baron Arthur de Schickler, creusa lui aussi un nouvel étang, à l'Est du Château,
qu'il planta de nénuphars. A proximité, il créa un arboretum dans ce qu'il est convenu d'appeler le
"Jardin Réservé".
Celui-ci comptait alors plus deux cents espèces ou variétés d'arbres, pour la plupart
des conifères exotiques de Chine, du Japon ou encore du Mexique : Pinus montana, Abies religiosa, Larix
griffithsii, Abies microsperma, Cryptomeria japonica, Cupressus funebris, Libocedrus edulensis, Abies
hudsonis, Chamaecyparis "Plumosa Variegata", Podocarpus nerifolia, Tsuga...
Cette collection rivalisa très vite avec celles des alentours et fut considérée comme une des curiosités
horticoles de la région de Cherbourg.
C'est lui aussi qui fit aménager l'île bordée de sa balustrade au milieu de la rivière anglaise, plantée
d'hortensias et de rhododendrons.
Il créa enfin des cascades entre le Grand Etang et l'Etang de la Vallée
auxquelles on accède par une haie de Chamareops.
Il développa également la mosaïculture autour du Château.
En 1879, on comptait 28.000 à 30.000 plantes exotiques, pour la plupart assemblées en corbeilles de fleurs
ou en plate-bandes, composées de cannas, de bégonias, de fuschias...
Au milieu des pelouses se dressaient
des Araucarias, des Chamareaops excelsa ou encore des Gynerium argenteum.
Enfin, le Potager, reconstruit par le Comte Alexandre du Moncel au Nord du Château, fut l'objet de soins
particulièrement attentifs. Quatre hommes et deux femmes y étaient affectés en 1896.
Il se composait de
deux vastes espaces enclos de hautes murailles. Celui du fond était presque uniquement occupé par des
légumes ; le plus proche du Château était, quant à lui, planté d'arbres fruitiers, tant en pyramide qu'en
cordons, en espaliers qu'en contre-espaliers.
Près du Potager, plusieurs autres jardins, aménagés en chartreuses, étaient consacrés aux plantes et aux
fleurs avec plusieurs serres.
Le jardin des camélias et des azalées renfermait une grande serre chaude
adossée à une muraille. Elle abritait des bananiers, des orchidées, des Chamareops humilis, des Dracaena.
D'autres serres abritaient des vignes, des bégonias frutescens, des gloxinias, des calediums et des ananas.
Un jardin spécial était réservé à la culture des rosiers.
De nombreuses têtes couronnées visitèrent le Parc au cours du 19
ème siècle : les Impératrices
Joséphine et Marie-Louise, sous le Premier Empire ; l'Impératrice Eugénie, la Reine Victoria et l'Empereur
Pedro I
er du Brésil, au second Empire.
Aujourd'hui, ce Parc à l'anglaise a conservé la plupart de ses éléments constitutifs : les grandes prairies
en herbages, les bois sur les hauteurs, les étangs et les miroirs d'eau traversant le Parc d'Est en Ouest,
le "Jardin Réservé" avec ses collections de conifères exotiques abritant des massifs de rhododendrons
arborescents, les potagers et jardins fleuris et leurs murs de clôture.
L'ensemble, animé par des troupeaux
de bovins limousins et les chevaux du Haras, conserve un caractère à la fois très anglais et très romantique.